Enfin! l'avion se pose. Quel soulagement! Après les formalités de douanes, un coup de tampon, les bagages en main, je sortais de l'aéroport
où une foule de gens attendait les nouveaux arrivants. Mon guide était parmi eux. Après m'avoir demandé gentillement le déroulement de mon vol, il m'expliquait que pour
rejoindre Médine, il fallait prendre un taxi (coùt exhorbitant 450 rials- déconseillé!) ou prendre un minibus mais à l'heure tardive à laquelle nous étions arrivé, plus aucun minibus
était disponible. J'insistais donc pour qu'il me ramène à la station de taxi (à la place - ce qui revenait moins cher - Cet aspect pécunier me posait problème car j'avais en
poche pas plus de 150 €! L'ombre de nombreuses dettes contractées dans le passé planait toujours sur ma vie!)
Arrivé à la station de taxi à Djeddah, mon guide me déposait et me quittait avec une certaine inquiétude (il faut savoir qu'il était responsable de
la bonne conduite de mon voyage sur les territoires saints ...et toute sortie hors de ces terres representait pour moi une lourde infraction pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement).
A la station de taxis de Djeddah, une ambiance bouillonante et bruyante caractéristique des rues arabes se faisait sentir, des
taxieurs excités à la recherche de clients claxonaient dans tous les sens, des vendeurs ambulants offraient pour quelques rials des boissons raffraichissantes et des restaurateurs
ambulants rendaient la sacieté aux voyageurs de tout bord et de toute déstination.
Après quelques minutes d'attente, je trouvais un jeune taxieur originaire d' Al Madina Al Mounawara (Médine) qui me proposais de partager
mon voyage avec un afghan et de deux Médinois. 4 heures nous séparaient de la ville illuminée de Médine. Je ne peux vous cacher ma déception de ce premier transfert
pour les raisons suivantes : tout d'abord, le taxi et deux autres passagers fumaient des cigarettes à un rythme affreux, ensuite, le jeune chauffeur roulait à une
allure vertigineuse et se risquait parfois à des manoeuvres rocambolesques enfin, la musique à bord refoulait toute quête spirituelle!
Soudain, l'on me dit : Voici Médine ! Je retenais mes larmes de joie de savoir que dans quelques minutes, j'allais fouler la
terre des Ançars, comme jadis le fut mon bien-aimé Mouhamed (sala Allahou 'alayhi wa salama taslima)!
Les lumières de la ville étaient visibles à plusieurs kilomètres...et celles-ci l'étaient parait-il même avant la découverte de
l'électricité. Le chauffeur disait que chaque fois qu'il est à Médine, il retrouve une paix intérieure et de bien-être qu'il ne
ressent nulle part ailleurs. Les jours qui suivaient allaient me confirmer cette réalité!
Au bout de quelques détours dans les rocades de la ville, le Harram (Mosquée du Prophète (sala Allahou 'alayhi wa salam) était enfin en face de Moi : Mon coeur était comblé d'émotions
indéscriptibles et d'une joie immense. Je remerçiais Mon Seigneur pour ce grand bienfait : être parmi les élus visiteurs des Ançars (peuple de Médine ayant accueilli le prophète après son
hégire de la Mécque) et du Prophète de l'Islam (qui est et sera toujours vivant dans mon coeur), me devait d'être 'abden chakoura (être remerciant) (comme le rapportait la
femme du Prophète (sala Allahou 'alayhi wa salam) 'Aicha qui lui demandait pourquoi se surpassait-il en dévotions alors qu'il était agrée par allah; Il (sala Allahou 'alayhi wa
salam) lui répondait ainsi : Alam akoun 'abden chakoura càd comment ne serais-je pas un être remerciant [son Seigneur pour tous les bienfaits qu'il m'a
accordé!?]).
Je devais reprendre un taxi local pour rejoindre mon hôtel...
Commentaires